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  • Ballade du concours de Blois – François Villon


    Je meurs de seuf auprès de la fontaine,
    Chaud comme feu, et tremble dent à dent ;
    En mon pays suis en terre lointaine ;
    Lez un brasier frissonne tout ardent ;
    Nu comme un ver, vêtu en président,
    Je ris en pleurs et attends sans espoir ;
    Confort reprends en triste désespoir ;
    Je m’éjouis et n’ai plaisir aucun ;
    Puissant je suis sans force et sans pouvoir,
    Bien recueilli, débouté de chacun.

    Rien ne m’est sûr que la chose incertaine ;
    Obscur, fors ce qui est tout évident ;
    Doute ne fais, fors en chose certaine ;
    Science tiens à soudain accident ;
    Je gagne tout et demeure perdant ;
    Au point du jour dis :  » Dieu vous doint bon soir ! « 
    Gisant envers, j’ai grand paour de choir ;
    J’ai bien de quoi et si n’en ai pas un ;
    Echoite attends et d’homme ne suis hoir,
    Bien recueilli, débouté de chacun.

    De rien n’ai soin, si mets toute ma peine
    D’acquérir biens et n’y suis prétendant ;
    Qui mieux me dit, c’est cil qui plus m’ataine,
    Et qui plus vrai, lors plus me va bourdant ;
    Mon ami est, qui me fait entendant
    D’un cygne blanc que c’est un corbeau noir ;
    Et qui me nuit, crois qu’il m’aide à pourvoir ;
    Bourde, verté, aujourd’hui m’est tout un ;
    Je retiens tout, rien ne sait concevoir,
    Bien recueilli, débouté de chacun.

    Prince clément, or vous plaise savoir
    Que j’entends mout et n’ai sens ne savoir :
    Partial suis, à toutes lois commun.
    Que sais-je plus ? Quoi ? Les gages ravoir,
    Bien recueilli, débouté de chacun.

    François Villon

    La Ballade des contradictions est le titre collectif d’une dizaine de pièces poétiques composées en 1458. Certaines sont passées à la postérité, les plus célèbres étant celles de Charles d’Orléans, maître des lieux, et de François Villon, l’un de ses hôtes.

    Elle est dite aussi Ballade du concours de Blois car elle est la troisième d’une série de dix ballades proposées à ce concours, en 1458, au château de Blois.

    Composées par divers auteurs, elles s’ouvrent toutes sur ce vers de Charles d’Orléans, duc d’Orléans, prince français, connu surtout pour son œuvre poétique réalisée lors de sa longue captivité anglaise : « Je meurs de soif auprès de la fontaine ».

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