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Bernard Sublet


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  • La peine – Maurice Carême

    On vendit le chien, et la chaîne,
    Et la vache, et le vieux buffet,
    Mais on ne vendit pas la peine
    Des paysans que l’on chassait.

    Elle resta là, accroupie
    Au seuil de la maison déserte,
    A regarder voler les pies
    Au-dessus de l’étable ouverte.

    Puis, prenant peu à peu conscience
    De sa forme et de son pouvoir,
    Elle tira d’un vieux miroir
    Qui avait connu leur présence,

    Le reflet des meubles anciens,
    Et du balancier, et du feu,
    Et de la nappe à carreaux bleus
    Où riait encore un gros pain.

    Et depuis, on la voit parfois,
    Quand la lune est dolente et lasse,
    Chercher à mettre des embrasses
    Aux petits rideaux d’autrefois.

    Maurice Carême

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Retraité voyageur, pour le plaisir des mots et des images

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