Bernard Sublet


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  • Boire et manger – Jacques Darras

    C’est par la bouche que nous buvons.  

    C’est par la bouche que nous mangeons.

    C’est par la bouche que nous baisons 

    La bouche de celle que nous aimons.

    C’est par la bouche que nous parlons.

    C’est par la bouche que nous chantons.

    C’est par la bouche que nous rotons.

    C’est par la bouche que nous crions.  

    Nous vomissons nous éructons.

    C’est la bouche qui mieux que les yeux

    Reçoit le monde et qui le rend     

    Qui le recrache en l’avalant.

    C’est par la bouche que je crierai    

    À l’heure du Jugement Dernier.

    C’est par la bouche que vient la mort,

    C’est par la bouche qu’elle me mord.

    C’est par la bouche que je veux boire.

    C’est par la bouche que je veux croire.

     (…)C’est par sa bouche que j’ai baisée  

    Que je veux mourir apaisé.

    C’est par son ultime baiser  

    Que je veux clore mon histoire.  (…)  

    Quand je vous parle c’est comme de boire

    Quand je vous parle c’est comme de croire

    Que c’est aux mots que nous buvons.

    Que c’est au cœur que nous devons

    Rendre le souffle qu’il nous prêta

    Dont nous usâmes sans bien savoir

    Si nous ne le gaspillâmes pas.  (…)

     Aussi longtemps que j’aurai vie

    Qu’en moi j’aurai puissance de cri

    Je n’écrirai que pour crier

    À mots trempés dans l’encrier

    Des sons qui résonnent dans le noir.

    Car nous vivons tous dans de l’encre

    Dont nous ne savons pas pourquoi

    Elle est si noire autour de soi.

    Les flots de sang qui dans nos corps  

    Nous baignent comme une plage, dehors 

    Quand ils s’épandent et se répandent

    Nous privent de vie à l’intérieur.

    Entre la nuit et le sang rouge

    Ce n’est que nuance de couleur. 

    Ce n’est que nuance de douleur.

    Ne sommes-nous nés que pour crier ?

    Ne sommes-nous nés que pour saigner ?

    Je ne sais pas mais je veux boire

    Comme si buvant des mots qui sont 

    Des mots qui sonnent pour la mémoire

    C’était du sang que je buvais

    Comme si ce sang avait du sens,   

    Qu’il circulât pour nous guider.

    Nous avançons tous dans la nuit. 

    Qui est devant, qui nous précède

    Qui précéda les précédents   

    Nos antérieurs nos pères d’avant.

     (…) Quelle couleur a la mort, qui sait ? 

    Transformation c’est le mot clé,

    La clé qui ouvre est dans nos bouches 

    La clé qui ouvre est dans nos mots.

     (..) Donc, levons le verre

    Levons le levier de nos vers

    Nos vers de chair jusqu’à la fine  

    Frontière entre le monde et nous !

    La bouche est bouche d’une rivière 

    Que nous formons dans l’Univers

    Avec le courant de nos mots.

    Avec le courant de nos souffles.

    Avec le courant de nos sangs. 

    Et le courant de la lumière.

    Buvons buvons et confluons

    Nous accordant et musiquant

    La bouche ouverte la bouche fermée

    En une sempiternelle prière !

    Jacques Darras
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Retraité voyageur, pour le plaisir des mots et des images

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