Bernard Sublet


  • Une vue d’ensemble du site
  • Menu en images
  • L’inoffensif – René Char

    « Je pleure quand le soleil se couche parce qu’il se dérobe à ma vue et parce que je ne sais m’accorder avec ses rivaux nocturnes. Bien qu’il soit au bas et maintenant sans fièvre, impossible d’aller contre son déclin, de suspendre son effeuillaison, d’arracher quelque envie encore à sa lueur moribonde. Son départ se fond dans son obscurité comme le limon du lit se délaye dans l’eau du torrent par-delà l’éboulis des berges détruites. Dureté et mollesse au ressort différent ont alors des effets semblables. Je cesse de recevoir l’hymne de ta parole. Soudain tu n’apparais plus entière à mon côté ; ce n’est pas le fuseau nerveux de ton poignet que tient ma main, mais la branche creuse d’un quelconque arbre mort et déjà débité. On ne met plus un nom à rien, qu’au frisson. Il fait nuit. Les artifices qui s’allument me trouvent aveugle.
    Je n’ai pleuré en vérité qu’une seule fois. Le soleil en disparaissant avait coupé ton visage. Ta tête avait roulé dans le fossé du ciel et je ne croyais plus au lendemain.
    Lequel est l’homme du matin et lequel celui des ténèbres ? »

    René Char

    1003952-René_Char
    René Char
←Page Précédente
1 … 302 303 304 305 306 … 409
Page Suivante→

Retraité voyageur, pour le plaisir des mots et des images

Si vous désirez suivre ce blog, inscrivez votre adresse mail ci dessous.
Vous recevrez un message à chaque parution

Rejoignez les 46 autres abonnés

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

 

Chargement des commentaires…
 

Vous devez être connecté pour poster un commentaire.

    • S'abonner Abonné
      • Bernard Sublet
      • Rejoignez 46 autres abonnés
      • Vous disposez déjà dʼun compte WordPress ? Connectez-vous maintenant.
      • Bernard Sublet
      • S'abonner Abonné
      • S’inscrire
      • Connexion
      • Signaler ce contenu
      • Voir le site dans le Lecteur
      • Gérer les abonnements
      • Réduire cette barre