Aller au contenu principal

Bernard Sublet


  • Une vue d’ensemble du site
  • Menu en images
  • Essaime la poussière – René Char

    Tu es pressé d’écrire,
    Comme si tu étais en retard sur la vie.
    S’il en est ainsi fais cortège à tes sources.
    Hâte-toi.
    Hâte-toi de transmettre
    Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance.
    Effectivement tu es en retard sur la vie,
    La vie inexprimable,
    La seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t’unir,
    Celle qui t’est refusée chaque jour par les êtres et par les choses,
    Dont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments décharnés
    Au bout de combats sans merci.
    Hors d’elle, tout n’est qu’agonie soumise, fin grossière.
    Si tu rencontres la mort durant ton labeur,
    Reçois-là comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir aride,
    En t’inclinant.
    Si tu veux rire,
    Offre ta soumission,
    Jamais tes armes.
    Tu as été créé pour des moments peu communs.
    Modifie-toi, disparais sans regret
    Au gré de la rigueur suave.
    Quartier suivant quartier la liquidation du monde se poursuit
    Sans interruption,
    Sans égarement.
    Essaime la poussière
    Nul ne décèlera votre union.


    René Char, Commune présence in Le Marteau sans maître, 1934

←Page Précédente
1 … 297 298 299 300 301 … 412
Page Suivante→

Retraité voyageur, pour le plaisir des mots et des images

Si vous désirez suivre ce blog, inscrivez votre adresse mail ci dessous.
Vous recevrez un message à chaque parution

Rejoignez les 43 autres abonnés

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Chargement des commentaires…

Vous devez être connecté pour poster un commentaire.

  • S'abonner Abonné
    Bernard Sublet
    Rejoignez 43 autres abonnés

    Vous avez un compte WordPress.com ? Connectez-vous maintenant.

  • Bernard Sublet
    Voir le site dans le Lecteur
    Gérer les abonnementsS’inscrireConnexion
    Signaler ce contenu
    Réduire cette barre