Bernard Sublet


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  • Si je pouvais croquer la terre entière

    Si je pouvais croquer la terre entière
    et lui trouver un goût, j’en serais plus heureux un instant…
    Mais ce n’est pas toujours que je veux être heureux.
    Il faut être malheureux de temps à autre afin de pouvoir être naturel…

    D’ailleurs il ne fait pas tous les jours soleil, et la pluie, si elle vient à manquer très fort, on l’appelle.
    C’est pourquoi je prend le malheur avec le bonheur, naturellement, en homme qui ne s’étonne pas qu’il y ait des montagnes et des plaines avec de l’herbe et des rochers.

    Ce qu’il faut, c’est qu’on soitnaturel et calme dans le bonheur comme dans le malheur, c’est sentir comme on regarde, penser comme l’on marche, et, à l’article de la mort, se souvenir que le jour meurt, que le couchant est beau, et belle la nuit qui demeure…
    Puiqu’il en est ainsi, ainsi soit-il… »

    Fernando Pessoa

    Extrait de « Le Gardeur de Troupeaux »

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Retraité voyageur, pour le plaisir des mots et des images

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