Si j’étais une mouette – Maurice Carême

Et si, pourtant, j’étais mouette,

Dieu sait ce que vous penseriez.

J’ai quelque fois du ciel en tête,

Mais pas d’ailes pour le gagner.

Pattes roses et plumes blanches,

Ah ! Vous en contenteriez-vous !

Je passerais ce long dimanche

Blotti au creux de vos genoux.

Je vous agacerais du bec,

Vous me caresseriez le cou

Et vous croiriez jouer avec

L’amour devenu oiseau fou.

Votre gorge se lèverait

Comme fait la brise marine.

D’autres mouettes passeraient

Criant comme des sauvagines.

Nous resterions à la fenêtre

Si surpris de n’avoir qu’un cœur

Que le soir nous prendrait peut-être

Pour des oiseaux venus d’ailleurs.

Maurice Carême,

Photographie de Thami Benkirane


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