« J’ai connu un simple garçon soldat
qui souriait à la vie, d’une bête joie,
il dormait la nuit seul, à poings fermés,
et au matin avec l’alouette siflottait.
Dans les tranchées d’hiver, morose, efflanqué,
avec les obus, les poux, le rhum qui manquait,
d’une balle dans la tête, il mit fin à sa vie.
Et personne n’a jamais plus parlé de lui.
Vous les foules suffisantes, aux yeux pétillants,
qui jubilez quand les camarades soldats vont paradant,
rentrez chez vous, et priez que vous ne connaîtrez jamais
l’enfer où la jeunesse et les rires s’en sont allés. »
Siegfried Sassoon (1886-1967),
poète

